GARP : Des profils d’entreprises de croissance raisonnablement valorisées pour 2025
- q.dyon
- 11 janv.
- 5 min de lecture

- GTT : Malgré une dynamique commerciale exceptionnelle, GTT peine à séduire. Si son CA a doublé entre 2022 et 2024 (de 307M€ à 633M€), son cours de bourse est étonnamment au même niveau qu’en juillet 2022. GTT a pâlit de la sortie de son actionnaire de référence Engie et d’une image très cyclique qui lui colle désormais assez injustement à la peau. Oui GTT a eu des cycles faibles, entre 2014 et 2018 le CA n’a quasiment pas augmenté alors que 2021 a vu une baisse de près de 20% du CA. Mais même dans ces phases de moins bien, GTT est resté largement profitable, toujours bénéficiaire depuis 2010 avec des FCF toujours positifs également sans exception.
A ce niveau de valorisation, 16x les résultats 2024, le marché ne valorise pourtant peu ou pas les atouts dont dispose GTT. D’abord une position monopolistique et de longue date. GTT a bien des concurrents et ce depuis longtemps, mais de facto, ils ne parviennent pas à exister face à GTT. Ensuite, sa marge nette, autour de 50% qui traduit cette position monopolistique. Là aussi il y a une forme d’anomalie puisque les entreprises aux plus belles marges (Hermès, Adyen) sont bien mieux valorisées. Dernier point, et pas des moindres, qui explique à mon sens la situation actuelle : le marché sous-estime la dynamique enclenchée sur le GNL depuis 2022. Le marché ne semble pas vouloir valoriser GTT mieux que ça en anticipation d’un retournement de cycle inévitable. Or celui-ci ne se manifeste pas du tout pour l’instant, le carnet de commande se porte toujours à merveille tandis que l’élection de Trump devrait plutôt continuer à favoriser une dynamique favorable sur le GNL. En résumé, 13x les résultats de l’année en cours, pour une entreprise qui détient un monopole, des marges exceptionnelles, qui bénéficie de tendances lourdes, ça ne semble vraiment pas cher payé.

- Ipsen : Si Ipen a eu un parcours incroyable entre 2012 et 2018 (de 17€ à 155€), elle reste toujours loin de ce niveau de cours malgré un CA 2025 50% supérieur à celui de 2018 et un résultat net qui a juste doublé entre temps.
La croissance est robuste, avec environ 7/8% annuels attendus sur 2025 et 2026. Les marges elles, sont excellentes avec une marge d’Ebitda autour de 35% et une mare nette qui tutoie les 20%. Ajoutons également une position de cash net de 400M€, un profil défensif dans une période compliquée en Europe et un retour en grâce des entreprises cotée dans la santé qui interviendra forcément après une longue digestion post-covid.

- Spie : Pénalisée aux yeux des investisseurs par son exposition Européenne (95% du CA en Europe dont 65% en France + Allemagne), Spie a également pâti de ventes de son actionnaire BPI avec un cours de bourse qui a chuté de 25% sur la fin de 2024. D’autant plus injuste que les attentes de bénéfices 2025 et 2026 n’ont pas du tout bougé sur la période.
Largement sous les radars comparée à un Schneider Electric qui prends toute la lumière, Spie présente pourtant u
n très joli profil. Dopée par de nombreuses petites acquisitions, la croissance en 2024 sera supérieure à 10%. Celle de 2025 et 2026 devrait au moins atteindre les 5% (hors nouvelles acquisitions). A 13x les profits 2025, le dossier ne manque pas d’intérêt.

- Alten : Alten a beaucoup souffert à en 2024 à cause d’un profil un peu trop Français (32% du CA) et à cause d’une exposition un peu trop marquée sur l’automobile/ferroviaire (21% du CA). Le cours de bourse a ainsi perdu 50% tout au long de l’année 2024 marquée par des révisions de guidances à plusieurs reprises. En prenant un peu de recul, la croissance d’Alten à pourtant de quoi faire pâlir beaucoup de société : 80% de croissance entre 2020 et 2023 et une société qui a quadruplé de taille entre 2011 et 2023 et qui a délivré 21 exercices de croissances sur 22 exercices entre 2001 et 2023. Si les vents sont contraires en 2024 avec peu d’améliorations à attendre en 2025 voire 2026, difficile d’imaginer que la belle histoire de croissance d’Alten soit définitivement terminée. Alten a en outre 250M€ de cash dans ses caisses avec une génération de cash annuelle de cet ordre (environ 250M€ de FCF annuels).

- Guerbet : Un peu comme Ipsen, Guerbet à longtemps été une histoire formidable pour ses investisseurs avec un cours de bourse qui a fait x6 entre 2012 et 2017. La suite a été beaucoup plus compliquée avec une vraie problématique de croissance, des pertes en 2022 (pour une société toujours profitable depuis au moins 2004) et en conséquence un cours de bourse chutant de 80% sur ses plus hauts. Guerbet c’est avant tout une recovery après une longue période compliquée, mais une recovery bien avancée et pourtant assez mal pricée avec un PER inférieur à 10 en 2025. D’autant plus que 2024 marque un vrai retour à la croissance (proche de 10%) tandis que 2025 et 2026 seront plutôt autour de 7/8%.

- Wavestone : Comme beaucoup de cabinets de conseil et d’entreprises chargées de prestations d’ingénierie, Wavestone souffre de la conjoncture actuelle avec un ralentissement marqué et un attentisme des clients. Malgré cela, Wavestone affichera une très forte croissance en 2025 et un changement de dimension grâce à l’intégration du cabinet Germanique Q_Perior (CA en hausse > à 30%). En plus de se payer peu cher (PE 2025 = 13), Wavestone a délivré un retour assez phénoménal à ses actionnaires sur la décennie passée même avec le -40% récent sur le cours : l’action reste en hausse de 950% depuis ses plus bas d’Avril 2013. On peut donc avoir une forte confiance dans la capacité du management à délivrer. On peut ajouter un endettement net nul et un changement de dimension qui enlève le statut de proie à Wavestone qu’on connut de nombreuses ESN Françaises.

- Equasens : Equasens et son management ont beaucoup déçu en 2024, dernier acte d’une descente aux enfers pour une entreprise qui a vu sa valeur boursière divisée par 3 depuis janvier 2021. La reprise anticipée au S2 ne s’est pas matérialisée entrainant un mécontentement chez des investisseurs qui perdent patience en parallèle d’un phénomène structurel de fermetures de Pharmacies en France qui inquiète pour une valeur très Française (France = 90% du CA). Ceci étant dit, Equasens dispose de 3 gros arguments en sa faveur pour redorer son blason. D’abord, le groupe est toujours confiants sur une reprise à court terme avec une croissance > à 10% sur 2025. Ensuite les marges sont un réel atout avec une marge nette généralement proche de 20%. Enfin, une expansion internationale qui démarre avec l’Italie notamment, de quoi fournir des perspectives de croissance et contrebalancer un potentiel plus limité en France. A 13x les profits 2025, le groupe ne n’est pas payé aussi peu cher depuis très longtemps.

- Nexans : abordée dans un article à part entière ici :
Comments