Nexans : Des vents contraires à exploiter ?
- q.dyon
- 21 déc. 2024
- 2 min de lecture

En grande difficulté lors de la décennie précédente (700 millions de pertes cumulées entre 2013 et 2015), Nexans allie aujourd’hui recovery et superbe visibilité en surfant sur le méga trend de l’électrification.
Pourtant Nexans affiche 30% de baisse en 2 mois, la faute à quelques vents contraires de court terme. Deux de ces principaux actionnaires ont réalisé des ventes pesant sur le titre. L’actionnaire majoritaire Chilien de Nexans a ainsi cédé 5% du capital à 102€ par titre. BPI a elle vendu 2,5% du capital à 114,7€ par action. Plutôt un mauvais signal à court terme pour une action qui tutoyait les 150€ avant cela en octobre.

Cette baisse du titre laisse apparaitre une décote par rapport à son concurrent Italien Prysmian, certes mieux exposé aux USA, mais qui se négocie à 20x les bénéfices 2024 contre 15x pour Nexans. En Price to Book, Nexans est également décotée à 2,4 vs 3,7 pour Prysmian. Même chose en VE/CA à 0,7 par rapport au 1,3x de Prysmian.

Une décote pas forcément justifiée par le mix géographique : Certes Nexans est un acteur un peu plus Européen et un peu moins Nord-Américain mais la part de son CA en France est à peine de 15% tandis que 55% de son CA se fait hors Europe.
Alors que la visibilité se paie cher en bourse, y compris en France ; Schneider se paie 32x ses résultats 2024, Safran 30x ; il parait assez peu intuitif de payer près de 2x moins pour un Nexans (15x les bénéfices 2024). Surtout avec une visibilité comparable et une même exposition aux méga-trend actuel de l’électrification qu’un Schneider.

Car côté perspectives, même dans la conjoncture actuelle très morose, ça reste très solide pour Nexans. Le CA devrait augmenter de 5% par an sur les deux prochains exercices tandis que l’Ebitda devrait lui tutoyer une hausse annuelle à deux chiffres.
La capacité à augmenter les marges régulièrement depuis plusieurs années est l’un des points forts indéniable du dossier, avec une marge d’Ebitda qui aura augmenté de près de 40% entre 2021 et 2024. Un phénomène amené à continuer par la suite grâce à une stratégie payante de la direction du groupe ces dernières années. Une mue achevée avec un sens du timing assez remarquable.

Nexans s’est ainsi progressivement transformé d’un acteur industriel classique et diversifié à un pure player dans l’électrification. La direction du groupe n’a pas hésité à réaliser plusieurs importantes cessions ces dernières années sur les activités moins ou pas liées à l’électrification. Un levier pour une meilleure croissance du CA grâce à une meilleure exposition sur les segments les plus porteurs comme pour les marges avec un important développement de la marge d’Ebitda ces dernières années qui ne doit rien au hasard.

Difficile en conclusion de ne pas voir en Nexans une opportunité intéressante après cette baisse de 30% qui ne s’est pas faite sur une baisse de l’activité ou des craintes sur les perspectives de Nexans. A l’heure où les entreprises les mieux exposées au méga trend de l’électrification se payent cher voire très cher en bourse grâce à la visibilité qu’elles apportent, Nexans qui conjugue pourtant les mêmes qualités échappe à cette règle. Une anomalie qu’il semble improbable de voir perdurer.
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