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Profiter d’un marché complètement désorienté avec 8 profils d’entreprises de qualité

  • q.dyon
  • il y a 25 minutes
  • 5 min de lecture

La phase de marché actuelle est violente. Pour le secteur du logiciel principalement qui subit un krach pire que celui du Covid et ce en moins de temps. Une purge pas complètement injustifiée tant le risque de disruption est réel et ne pouvait plus coexister avec des valorisations extrêmement généreuses aux US. Beaucoup d’acteurs du secteur étaient valorisés plusieurs dizaines de fois leur CA. Et même après la dégringolade actuelle, certaines valorisations sont encore loin d’être données. Figma, qui affiche -85% depuis son IPO de 2025 est encore valorisée près de 11x son chiffre d’affaires. Après une baisse de son cours de 80%, Monday.com est encore valorisé près de 4x son CA. Même chose pour Unity software.


Le problème est davantage le manque de discernement constaté lors de cette baisse. Du logiciel, la purge a touché toutes les entreprises de services numériques, les intégrateurs, fournisseurs de données, le consulting, sans trop chercher au final à mesurer au final de vrai risque de disruption. Ni de se préoccuper à quelle échéance.


Une situation frustrante mais source d’opportunité. Voyons quelques très bons dossiers beaucoup trop sévèrement sanctionnés.


1 – Des ESN aux multiples déprimés


Car les ESN Françaises n’ont pas échappé à la purge loin de là. Capgemini d’abord, a vu son cours de bourse reculer de 30% en quelques semaines, passant de 150€ à moins de 100€. Même chose chez Sopra Steria dont le cours s’est contracté de plus de 20% en quelques semaines. Et même avant cette forte baisse, ces deux entreprises étaient déjà très loin de leurs plus hauts historiques. C’est peu dire que les niveaux de valorisation deviennent attractifs puisqu’ils sont aujourd’hui sur des niveaux historiquement bas, désormais éloignés de leurs moyennes historiques.


Le plus ironique c’est que cette baisse  intervient alors même que les signes d’amélioration tangible de l’activité désespérément scrutés par les investisseurs depuis plus de 18 mois deviennent enfin concrets.


Capgemini affiche un PE 2026 de 11 pour une croissance annoncée d’au moins 6.5%. Son ratio VE/Ebitda est tombée sous 6 contre une m

édiane autour de 10. Sur Sopra, la croissance en 2026 devrait rester très modeste mais la valorisation est encore plus attractive à moins de 8x les bénéfices 2026. Sa VE/Ebitda est encore plus basse à seulement 4.

Neurones mérite également d’être citée avec un PE qui tombe tout juste à 10 retraité du cash (l’entreprise à 310M€ de cash net sur une capitalisation < à 900M€). Sa VE/Ebitda est de seulement 5,4.


Dans un autre registre, Publicis s’est également retrouvée dans la tourmente, abandonnant -20% à cause de perspectives jugées trop prudentes. Si sur Publicis, le risque de disruption IA est réel avec des possibilités immenses et un coût dérisoire comparé à des campagnes de pub extrêmement coûteuses ; force est de constater qu’à court terme, les résultats demeurent excellents. Publicis, surperforme très nettement ses concurrents, grâce à d’excellentes acquisitions dans la décennie précédente qui lui ont donné une avance … sur l’IA justement. Ses ratios de valorisation sont également très attractifs avec un PE de 10 sur 2026 et une VE/Ebitda qui tombe à 5.

Pour mieux se faire une idée de la déconnection actuelle des valorisations, il peut être utile de regarder les multiples des rachats récents dans le secteur numérique en France ces dernières années. Même en considérant des multiples désormais moins élevés, la marche est énorme entre ces multiples d’acquisitions récents et ceux observés actuellement sur le marché.

 

2 – Des loosers pourtant bien attractifs


Ce qui m’amène aux 3 dernières valeurs de ma liste. 3 entreprises aux parcours encore bien davantage chahutés que les précédentes.


Wolters Kluwer, l’un des éditeurs de logiciels les plus complets en Europe s’est retrouvé percuté de front par la vague IA, ses activités juridiques notamment, potentiellement remplacées par les nouvelles fonctionnalités d’Anthropic. Le résultat c’est un cours de bourse divisé par 3 en tout juste un an qui laisse entrevoir un potentiel réel sur une valorisation désormais bien plus abordable. En gardant à l’esprit que des activités légales et juridiques ne seront pas si faciles à remplacer que cela. Entre ce qu’une IA peut faire sur le papier et lui confier cette tâche à la place d’un prestataire actuel, et donc toutes les conséquences que cela implique : erreurs, amendes, assignations … Voire encore pire : class actions aux USA. Des class actions qui peuvent se chiffrer en dizaines de milliards comme le souligne l’exemple récent de la BNP. Donc face à ce risque, le tout IA n’est pas pour demain loin s’en faut, et encore davantage sur des activités sensibles.

Car même dans des domaines moins sensibles comme le tourisme et la réservation d’un billet d’avion le tout IA peut présenter un risque. American Airlines aux USA s’est retrouvé avec une class action à cause d’une erreur de prix sur des billets d’avions mal géré par la solution IA mise en place. Et on ne parle pas du domaine de la santé où une erreur sur le diagnostic d’un cancer pose un risque immense.


Sur Téléperformance, identifiée comme le perdant numéro 1, le marché a clairement choisi son scénario : celui d’une société disruptée et condamnée à disparaitre à brève échéance. Pas délirant à première vue de voir une société de centre d’appels purement et simplement remplacée par l’IA. Mais là aussi c’est un mirage, ou tout au moins un parti pris trop éloigné d’une réalité plus nuancée.


Pendant des années, TEP a surfée sur une vague d’externalisation de l’expérience client des plus grandes sociétés. Jusqu’à que le modèle de croissance devienne grippé et que l’IA générative débarque et chamboule tout. Désormais valorisée comme une entreprise en état de mort imminente, TEP affiche pourtant un CA stable, également attendu relativement stable sur les prochains exercices. En l’état actuel, l’entreprise vaut environ 5x ses bénéfices et tout juste 3x ses FCF. TEP n’a pas subie de désengagements massifs de ses clients et continue de rester un partenaire majeur. L’IA n’a donc pas ébranlé TEP, elle l’a marginalement impactée et la force surtout à se transformer.

Une mue qui peut faire peur et qui implique de facto un discount sur la valorisation du groupe. Mais qui a été poussé infiniment trop loin par le marché. Car TEP garde des atouts dans sa manche. D’abord une position de leader sur son marché, qu’elle a contribuée à consolider. Qui dit position de leader, dit position mieux établie et moins fragile que de plus petits acteurs. Ensuite, une expertise reconnue par ses clients dans la gestion de leur expérience client. Se passer de TEP pour passer au tout IA pose un risque d’exécution important et de dégradation de l’expérience client. Sans pour autant nécessairement faire des économies majeures puisqu’il faut forcément de l’humain sur des cas plus complexes.

  

Le marché continue pour l’heure son pari toujours plus baissier sur TEP jusqu’à l’absurde (au vu des ratios de valorisation). Un narratif bien aidé par la société qui, il est vrai, communique maladroitement, manque de transparence et semble résolument incapable de mettre en valeur son potentiel de transformation avec l’IA. Mais un narratif qui devra forcément se confronter au réel à un moment donné.


Vient enfin le cas d’Adyen. Le marché l’a très sévèrement sanctionnée sur une petite déception lors de sa publication de résultats. La société, toujours chèrement valorisée depuis son introduction en bourse n’a jamais été aussi peu chère. Pas même en 2023 lorsqu’une sortie de route pire encore avait vu son cours de bourse reculer de 1600€ à 600€ en l’espace de quelques semaines. Adyen se traite aujourd’hui à environ 23x ses bénéfices 2026 pour une croissance supérieure à 20%, une marge nette supérieure à 40% et une absence de dette (Adyen a les caisses remplies de cash).


Pas besoin d’aller beaucoup plus loin dans cet exposé : Adyen étant à mon sens un no-brainer sur ce cours.


 
 
 

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